Les importations de miel en France

rayonnage de miels en pot imports

Cet article reprend les éléments d’une étude menée en 2015 sur le marché du miel par les cabinets Protéis et CoSpirit Mediatrack, pour France-AgriMer afin de conduire une réflexion stratégique d’orientation de la production. De nombreux sujets ont été couverts dans cette étude, dont celui des importations de miel en France.

Une forte augmentation des importations

Un des éléments mis en avant par cette étude est le décalage entre la consommation et la production de miel. En effet, en 2014, la consommation apparente de miel dans l’Hexagone atteignait environ 40 600 tonnes, soit 2 % de plus qu’en 2010.

Hors, la production française, elle, est en chute libre, avec 13 200 tonnes en 2014 (contre 25 500 tonnes en 2004, et 18 300 tonnes en 2010). L’on constate donc que le niveau de consommation est loin d’être satisfait par la production intérieure.

Fort logiquement, le volume des importations de miels est en forte hausse. En effet, ces dernières ont augmenté de 35 % entre 2010 et 2014, et ont quasiment doublé en dix ans. Plus inquiétant encore, cette tendance va en s’accélérant. Si la croissance entre 2004 et 2010 n’atteignait “que” 800 tonnes, elle dépassait 11 000 tonnes entre 2010 et 2014.

Une concentration des pays exportateurs

On constate également une concentration des pays exportateurs. En effet, en 2004, les trois principaux (l’Espagne, la Chine, et l’Ukraine) représentaient moins du quart des importations totales. En 2014, ils représentaient plus de la moitié !

L’Espagne, premier fournisseur historique du marché intérieur, a ainsi doublé ses ventes françaises sur cette même période. L’Ukraine, qui était presque absente jusqu’en 2012, a exporté environ 4 000 tonnes. Même la Chine, dont les exportations en France étaient inexistantes en 2004, a vendu 6 000 tonnes de miel en 2013.

De plus, il est parfois difficile d’établir l’origine géographique des importations françaises en raison de l’importante activité de réexpédition des négociants européens, souvent situés en Espagne, Belgique, Allemagne,ou en Pologne.

Par exemple, il est probable que l’on sous estime les importations chinoise. En effet, plus de 15 000 tonnes on été importée en Espagne par la Chine, dont une grande partie a été expédiée dans le reste de l’Europe, et notamment France. Ce qui signifie qu’une partie du miel que l’on importe d’Espagne vient en réalité de Chine.

Quelle est la qualité des miels importés ?

Ces chiffres, bien qu’inquiétants, posent surtout la question de la traçabilité et du contrôle de la qualité des miels d’importation. L’étude de France-Agrimer ne donnent aucun élément sur le sujet. L’article ” De plus en plus de miels frelatés dans les importations “, paru dans “Le Monde” du 20/10/2017 apportent des éléments de réponse.

Depuis 2007, la production de miel chute en Europe et en Amérique malgré une progression du nombre de ruche d’environ 4%. En Asie en revanche, les sept principaux exportateurs du continent, Chine en tête, ont vu leurs exportations progresser de près de 200%, tandis que le nombre de leurs ruches n’augmentait que de 10%.
Une enquête conduite par UFC-Que Choisir dans nos grandes surfaces, montre que le tiers des miels 1er prix analysés contiennent des sirops sucrés à base d’amidon de riz, de betterave, de maïs ! Les analyses étant très difficiles à réaliser, on peut penser que le taux de fraude est beaucoup plus élevé.

Faire confiance aux petits producteurs locaux, c’est plus que jamais une question de bon sens, non ?