Les néonicotinoïdes présents dans les miels du monde entier

Miels contaminés aux néonicotinoides

Les néonicotinoïdes présents dans les miels sur tous les continents

Les insecticides néonicotinoïdes ont contaminé la plupart des miels récoltés dans le monde. C’est en tout cas la conclusion d’une étude franco-suisse publiée le vendredi 6 octobre dans la revue Science. Selon celle-ci, 75 % des miels analysés contiennent des traces de ces substances.

Le taux de contamination varie selon la région. Ainsi, les miels d’Amérique du Nord sont contaminés à 86 %, les miels asiatiques à 80 %, et les miels européens à 79 %. L’Amérique du Sud est un peu moins touchée avec 57 % contaminés. Cinq produits ont été recherchés (imidaclopride, acétamipride, thiaméthoxame, clothianidine et thiaclopride).

« 30 % de tous les échantillons contenaient un seul néonicotinoïde et 45 % en contenaient entre deux et cinq , expliquent les chercheurs. Ces chiffres donnent une bonne idée de l’ampleur de la contamination des paysages, car l’abeille est un excellent capteur de l’état de l’environnement. Elle butine dans un rayon qui va de 3 km à 5 km autour de sa ruche, à près de 12 km au maximum. »

Les niveaux de contamination, eux, atteignent en moyenne 1,8 microgrammes par kilo. Mais le maximum est atteint sur l’échantillon d’un miel prélevé en Allemagne qui contenait près de 50 µg/kg de néonics – ce qui est proche des limites maximales de résidus.

Parmi les pesticides utilisés, les néonicotinoïdes sont des molécules particulièrement dangereuses pour les abeilles et les pollinisateurs sauvages.

Les concentrations mesurées ne présentent à priori pas de risques pour la consommation humaine. Mais ces faibles concentrations ont des effets gravissimes sur les abeilles comme sur les autres pollinisateurs sauvages. En effet, selon les chercheurs, des effets toxiques commencent à apparaître chez certains insectes dès une concentration de 0,1 µg/kg. Les concentrations mesurées dans les miels analysés sont en moyenne près de 20 fois supérieure à cette limite tolérable pour les insectes..

Par ailleurs, l’exposition chronique à de faibles doses de néonicotinoïdes peut entraîner chez ces insectes des troubles «sublétaux ». Bien que ne tuant pas l’insecte, les traces de produits présents dans l’environnement peuvent en effet causer des troubles cognitifs, des pertes de mémoire, une baisse de l’immunité, une vulnérabilité accrue à certains pathogènes, un effondrement de la capacité des populations à se reproduire, etc. C’est une des raisons les plus probables pour expliquer les effets de dépopulations de ruches observés par les apiculteurs depuis la fin des années 90, au moment du lancement du 1er insecticide de cette famille, le Gaucho. Les butineuses contaminées ne retrouve pas le chemin du retour à la ruche, causant ainsi leur perte.

Cette étude met donc en avant la menace globale qui pèse sur les abeilles et sur les pollinisateurs sauvages. Quand on connait l’importance des pollinisateurs dans l’équilibre des écosystèmes, Il est important de changer rapidement de cap.