La production et la commercialisation du miel en France

extraction du miel chez des apiculteurs français

Alors que la consommation de miel est très importante en France, sa production décline. Elle a été divisée par 3 en 20 ans. Pour faire face à la demande, les importations se développent.

La consommation du miel en France

La France est un pays très friand de miel et autres produits de la ruche. En effet, pas moins de 45 000 tonnes de miel sont consommés chaque année dans l’Hexagone. Ces chiffres rangent les français parmi les plus gros mangeurs de miel d’Europe, avec une moyenne de 600 grammes par habitant et par an. Le miel est ainsi consommé par plus de 75% de la population française. Cette consommation est encore en hausse d’année en année. Il est à noter que l’Ouest du pays est particulièrement friand de cette denrée.

La production du miel en France

Qui sont les producteurs ?

Les principaux producteurs français de miel sont des apiculteurs ayant à leur disposition 50 ruches ou plus. Ceux-ci sont en effet responsables des trois quarts de la production (chiffre de 2015).

Près de 38% de ce volume est le fait d’apiculteurs professionnels possédant plus de 400 ruches. Pour le reste, il s’agit pour 26% de ceux possédant entre 150 à 400 ruches et 11% de ceux avec 50 à 150 ruches.

Photos des visites de printemps, au début de la saison de production de la gelée royale : l'apiculteur vérifie la bonne santé des ruches et introduit les cadres vides pour amorcer la production de la gelée royale.

Le miel est principalement produit dans le Sud de la France, et notamment en Occitanie. En 2015, cette région a produit environ 22 % de la production nationale. Les producteurs de Miel-Direct sont tous établis en Occitanie.

Enfin, seul 10 % du volume total de miel produit en 2015 est certifié biologique. En effet, en raison du montant de la certification, celui-ci est presque intégralement l’apanage des apiculteurs professionnels.

Chute de la production de miel en France

Malheureusement, la production de miel en France a connu une forte chute ces vingt dernières années. En effet, si environ 35 000 tonnes par an étaient produits dans les années 90, la production tourne dans les années 2010 entre 15 et 25 000 tonnes.

Production de miel en France en tonnes :

20182017201620152014201020041994
18 à 2000019800161002420013200183302550035000

Les années 2014 (13000 tonnes) et 2016 (16000 tonnes) sont considérées comme « les pires années de l’apiculture française« .

« Dans toutes les régions, et en particulier dans les grandes régions de production comme Provence Alpes Côte-d’Azur, Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon…, les récoltes sont en baisse de 60 à 80 %« , précise l’Union Nationale de l’Apiculture Française (UNAF) en 2016. De façon générale, si on se base sur les chiffres catastrophiques de 2014, on peut dire qu’en 20 ans, la production française de miel a été divisée par trois. En 2016, l’UNAF précise avoir écrit au ministre de l’Agriculture afin d’obtenir « la reconnaissance en calamité agricole pour les régions les plus touchées et des aides exceptionnelles”.

Certes, la situation s’est légèrement améliorée depuis, avec une production située entre 15 et 25 000 tonnes selon l’UNAF. Cependant, la situation demeure préoccupante (les difficiles conditions météorologiques du printemps 2019 laissent augurer une saison compliquée encore une fois).

…malgré une augmentation du rendement moyen par rapport à 2010

Le rendement moyen national (kg de miel produit par ruche en production) atteint en 2017 les 21.1 kg contre 16,2 kg en 2014. Globalement, surtout dans le cas des apiculteurs professionnels, ce rendement augmente depuis 2010. Cela permet de compenser un peu les mauvais résultats de la production.

pots de miel sans étiquette

Ce rendement est proportionnel à la taille de l’exploitation. Par exemple, en 2017, les apiculteurs possédant moins de 400 ruches atteignent un rendement moyen de 20.5 kg/ruche. Parallèlement, les apiculteurs travaillant sur plus de 400 ruches voient leur rendement moyen atteindre les 25.4 kg/ruche.

Quelles sont les causes de cette situation ?

Globalement, la filière apicole est passée d’une situation de production aisée (bons rendements, peu de mortalité, …) dans les années 90, à une situation beaucoup plus difficile depuis le début des années 2000. Les causes de cette situation sont multifactorielles.

Lorsque l’on interroge les apiculteurs sur les causes de la diminution de leur production, près de 60% d’entre eux incriminent en premier lieu les conditions météorologiques défavorables. D’autres raisons sont invoquées : produits phytopharmaceutiques (pesticides) sur les végétaux butinés ( 31%), taux élevé de mortalité à l’hivernage (19 %), perte de biodiversité (15 %) et parasites (varroa en particulier) des abeilles (12 %).

Apiculteurs manipulant un cadre de ruche : le moment de récolter le miel est un choix important pour éviter sa fermentation.

Selon l’UNAF, l’explication de cette baisse réside principalement dans les conditions climatiques défavorables au moment de la période de vol des abeilles. En effet, elle estime que « des conditions climatiques extrêmement contrastées avec des pluies abondantes et un printemps tardif, suivis d’une grande période de sécheresse et de vent n’ont pas permis aux apiculteurs de faire des récoltes convenables » (année 2014).

mortalité d'abeilles et traitements à base d'insecticides néonicotinoïdes

Celle-ci s’explique de même par le fort taux de mortalité chez les abeilles. Depuis plus de 20 ans, les taux de mortalités observés au cours de l’hiver sur les colonies d’abeilles ont augmenté. Ce taux était de 5% dans les années 1990. Aujourd’hui, il est estimé à 30% en moyenne (le taux « normal » est évalué à 10%) avec des disparitions parfois complètes.

Enfin, la prédation du frelon, qui « affaiblit les colonies« , est également pointée du doigt.

Un volume conditionné finalement stable

Il est intéressant de comparer le volume de miel conditionné (mis en pot) selon les années.

Par Exemple, entre 2014 et 2015, on constate une légère baisse alors que la production a augmenté. En effet, environ 63 % du miel produit a été conditionné en pot par les apiculteurs au cours de l’année 2015. En revanche, ce chiffre atteignait 72 % du volume produit lors de l’année précédente (74% en 2017). En réalité, le volume conditionné est plutôt stable dans l’ensemble d’une année à l’autre. 

remplissage d'un pot de miel d'été

Ce qui change, c’est le pourcentage conditionné du niveau global de production. Et ce qui fait varier le pourcentage, c’est la vente en vrac. En effet, si l’année connaît une production élevée, alors la quantité de miel vendue en vrac augmente. A l’inverse, cette quantité baisse si la production est plus faible, comme en 2014.

La différence de pourcentage s’explique donc par la plus grande quantité de miel produite en 2015 et vendue en vrac.

La nécessité d’importer

Pour répondre à la demande des consommateurs, pas moins de 35500 tonnes ont été importées de l’étranger au cours de l’année 2017. Au cours des 25 dernières années, les importations de miel ont été multipliées par 2 (17000 tonnes en 1994 contre 35500 aujourd’hui).

De même, seulement 3 tonnes de gelée royale sont produites chaque année, alors que la consommation nationale est de plus de 100 tonnes. Là aussi, ce sont les importations qui compensent la différence entre l’offre française et la demande.

La commercialisation du miel dans l’Hexagone

Les circuits de commercialisation du miel sont fortement dépendants de la taille de l’exploitation. Ainsi, la vente directe aux particuliers correspond à plus de 50% (64 % en 2017) du volume vendu pour les apiculteurs de moins de 150 ruches. Les exploitations possédant moins de 50 ruches auto-consomment d’ailleurs généralement le reste de leur production ou l’offrent à des proches.

marché producteurs ruchers des arts

Mais le pourcentage du volume vendu directement aux particuliers (circuits courts) est inversement proportionnel à la taille de l’exploitation. Elle représente 64 % de ce volume pour les apiculteurs ayant à leur disposition entre 50 à 150 ruches, 43 % pour les exploitations de 150 à 400 ruches et 22 % pour les exploitations de plus de 400 ruches (chiffres de 2017).

Inversement, la part de la production vendue en vrac, elle, augmente avec la taille de l’exploitation. Ainsi, elle passe de 8 % pour les exploitations de 50 à 150 ruches, à 12 % pour celles de 150 à 400 ruches et à 25 % pour les plus de 400 ruches. 

Conclusion

La situation n’est pourtant pas sans espoir. En effet, avec pas moins de 40 types de miel différents, la France possède un énorme potentiel qui ne demande qu’à être utilisé. Les apiculteurs ont ainsi su avec le temps  diversifier leur offre et leur gamme de produits, vendant aussi bien du miel que des produits de la ruche, comme du pollen, de la propolis ou de la gelée royale et toutes sortes de produits dérivés du miel : pain d’épice, nougat, bonbons, hydromels, vinaigres…  

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Sources : les chiffres présentés dans cet article émanent des études du marché du miel (production, commercialisation) effectuées par le cabinet Agrex Consulting et commandées par France Agrimer (années 2013 à 2018), de l’ITSAP et de l’Unaf.


Pour en savoir plus sur la commercialisation du miel, vous pouvez consulter les articles suivants :

Article mis à jour par Sophie Fruleux le 10 juin 2019.