Protégeons les abeilles : ce sont des ouvrières agricoles essentielles à notre survie

Abeille ouvrière agricole qui butine une fleur de tournesol.

En février 2018, les Éditions France Agricole ont publié un livre qui étudie les relations entre les abeilles et l’agriculture, “Les abeilles, des ouvrières agricoles à protéger”. Son auteur est Axel Decourtye, directeur scientifique et technique de l’ITSAP (Institut de l’Abeille) depuis 2014. Il est aussi préfacé par une célébrité, Yann-Arthus Bertrand. En ces temps de prise de conscience de l’urgence de la situation et de vives controverses sur le sort des abeilles en particulier et sur la survie de l’humanité en général, son but est d’éclairer et d’apaiser le débat.

Comment en est-on arrivé là ?

Axel Decourtye dresse un état des lieux des connaissances historiques, sociologiques, écologiques et technico-économiques sur l’abeille et l’agriculture.

Depuis les années 50, on a assisté à un changement profond de l’habitat des abeilles. Petit à petit, on est passé d’un système centré sur la force du travail des hommes et des animaux à un autre tourné vers les produits phytosanitaires et le machinisme. Ainsi, les populations sauvages et domestiques d’abeilles ont été fragilisées, leurs ressources se sont raréfiées et elles ont été exposées à des pesticides toxiques.

Dans le même temps, on a assisté à l’émergence de l’apiculture en tant qu’activité agricole à part entière, en partie grâce aux cultures (en particulier colza et tournesol). Il ne faut donc pas considérer l’influence de l’agriculture seulement sur le versant négatif.

Deux visions opposées

Axel Decourtye met ainsi en évidence deux visions opposées. D’une part, les abeilles se nourrissent des plantes cultivées. Dans le même temps, elles permettent la reproduction de ces plantes, nous assurant ainsi la production des légumes, fruits et céréales. Elles deviennent alors ces fameuses ouvrières agricoles à protéger. C’est le principe gagnant-gagnant. D’autre part, il existe un conflit, une incompatibilité entre l’intensification des pratiques agricoles et la protection des abeilles.

Cette opposition est au cœur de vives controverses entre les scientifiques eux-mêmes et entre les apiculteurs et les agriculteurs. Pourtant, le sort des abeilles devrait être au cœur de nos préoccupations et un défi pour l’agriculture. Comment produire en protégeant et en s’appuyant sur un service écologique ?

Quelles solutions pour sauver les ouvrières agricoles ?

Nous devons impérativement recréer un lien entre la sauvegarde des abeilles et la production de notre alimentation. L’objectif est de protéger la plante sans tuer l’insecte dont on a besoin pour obtenir un produit conforme aux attentes du consommateur. C’est l’enjeu de l’agriculture moderne.

Des solutions issues de la concertation entre scientifiques, apiculteurs et agriculteurs sont présentées dans le livre d’Axel Decourtye. Elles permettraient un enrichissement de la flore des paysages (diversification des semences, jachères, bandes enherbées ou intercultures) et une diminution des risques d’intoxication des pollinisateurs (expérimenter d’autres façons de protéger les cultures). L’objectif devrait aussi être de diminuer la dépendance de l’agriculture aux produits phytosanitaires.

Les agriculteurs et les apiculteurs sont pleinement conscients de ces enjeux et travaillent déjà sur le terrain ensemble. Malheureusement, les agriculteurs appliquent les règles qu’on les autorisent à appliquer. C’est pourquoi, le changement et les grandes décisions doivent venir d’en haut, des politiques.


Pour aller plus loin : 

  • lire notre article “La disparition des insectes pollinisateurs causerait un désastre agricole
  • lire le livre d’Axel Decourtye, disponible sur le site des Éditions France Agricole ;
  • visionner la vidéo de la table ronde “Abeilles et agriculture : pour en finir avec le conflit“, qui a réunit Axel Decourtye, Franck Aletru (Président du syndicat national d’Apiculture) et Laurent Bourdil (Président de l’Association Nationale des Agriculteurs Multiplicateurs des Semences Oléagineuses) au Salon International de l’Agriculture de Paris 2018.

 

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