Les impressionnants chiffres de la ruche : bilan annuel de la colonie

Ruche en bois : le bilan annuel de la colonie est impressionnant.

A l’heure du bilan carbone ou économique à toutes les sauces, voici celui de la colonie. En effet, comme tout organisme vivant, elle consomme des éléments et elle en produit. Il est alors possible de calculer le bilan d’une colonie d’abeilles sur un an : ce qui rentre dans la ruche et ce qui en sort. Vous allez constater que tous ces chiffres sont faramineux pour un si petit animal !

Bilan annuel d’une colonie

Analysons l’ensemble des éléments consommés par une colonie d’abeilles par rapport à l’ensemble des éléments qu’elle produit sur une année. Les chiffres présentés sont des moyennes calculées pour une colonie moyenne soumise à des conditions environnementales moyennes, elles aussi. Selon les régions et les conditions climatiques, ces chiffres peuvent varier.

Les entrées dans la ruche

Tout d’abord, comme tout organisme vivant, les abeilles consomment de l’eau et de l’oxygène : 30 kg d’O2 et 10 litres d’eau.

Ensuite, la principale activité des butineuses consiste à récolter de la propolis, du miellat et surtout du pollen et du nectar, bases de leur alimentation. Au total, le nectar, le miellat et la propolis représentent 240 kg par an en moyenne. Plus précisément, le poids de nectar récolté peut varier selon les conditions de 60 à 1600 kg. A chaque sortie, la butineuse peut prélever 40 mg de nectar, ce qui correspond à la moitié de son poids. Il lui faudra effectuer 25 sorties pour remplir une cellule dans ces conditions. Rappelons que le nectar est la base pour la production du miel.

En ce qui concerne le pollen, source principale de protéines de la ruche, la colonie en récolte 40 kg environ. Chaque abeille peut transporter une pelote de pollen sur chacune de ses pattes arrières (15 mg au total).

En plus de ces éléments “naturels”, l’homme amène à la ruche du sirop de sucre (si la colonie manque de ressources) et des traitements (éventuellement).

Les sorties

Évidemment, comme tout organisme vivant, la colonie rejette du gaz carbonique, de la chaleur et de l’eau. Le CO2 représente 40 kg par an. Pour ce qui est de la chaleur, elle est libérée sous forme de calories. En effet, été comme hiver, les ouvrières, grâce au mouvement de leurs ailes et de leurs muscles thoraciques, maintiennent la température de la ruche autour de 35 °C. Selon les conditions, elles consomment à cet effet jusqu’à 20 % de leurs réserves de miel soit environ 15 kg.

Pour ce qui est de l’eau qui est rejetée, elle est issue de la combustion des sucres (métabolisme des abeilles, 15 kg) et de la concentration du miel (étape de sa fabrication, 180 kg).

Bien sûr, les abeilles produisent les produits de la ruche tant convoités par l’homme. Il s’agit du miel, de la gelée royale et de la cire. Tout d’abord, la production de miel représente 60 kg environ par colonie et par an. Il en faut 40 kg pour couvrir les besoins internes en nourriture des abeilles. Selon les périodes de l’année, leurs besoins ne sont pas les mêmes. Lors de la saison de production de la gelée royale, les nourricières ont besoin de 500 g de miel par jour. Les 20 kg supplémentaires sont du surplus que l’apiculteur peut se permettre de prélever.

Pour ce qui est du “trésor” de la ruche, la gelée royale, 20 abeilles nourricières sont nécessaires pour remplir une cupule royale en période de production. Au cours de l’année, la production d’une colonie varie entre 300 g et 1 kg maximum.

Dans la ruche, les abeilles produisent aussi de la cire qui leur sert à construire leurs alvéoles (moins de 1 kg par an). Avec 100 g de cire, les ouvrières arrivent à en construire 8000. Leur surface totale dans la ruche représente 5 m2. La production de cire est très énergivore : il faut plus de 6 fois plus d’énergie aux abeilles pour produire du miel que pour produire de la cire. Pour un kilo de cire, cela représente 10 kg de miel et 1 kg de pollen.

Enfin, la colonie produit bien sûr des abeilles (naissances) et des déjections, soit 25 kg d’abeilles et 40 kg de déjections.

Bilan :

Bilan des entrées :

  • eau : 10 kg
  • oxygène : 30 kg
  • miellat et propolis : variable
  • pollen : 40 kg
  • nectar : de 60 à 1600 kg
  • apports de l’homme : sirop et traitements

Bilan des sorties :

  • eau : 195 kg
  • gaz carbonique : 40 kg
  • chaleur (calories)
  • miel : 60 kg
  • gelée royale : de 300 g à 1 kg
  • abeilles : 25 kg
  • cire : moins d’un kilogramme
  • déjections : 40 kg

L’abeille, cette ouvrière infatigable

De même, il est important de rappeler à quel point l’abeille est un animal extraordinaire et une travailleuse obstinée et infatigable. L’analyse des chiffres liés à sa vie est impressionnante.

La reine et les larves

Dans une colonie, en pleine saison, on compte de 40 000 à 60 000 abeilles. Toutes sont les filles de la reine de la colonie. Celle-ci pond l’équivalent de son poids en une saison et jusqu’à 2000 œufs par jour. Ainsi, au cours de sa vie qui durera 4 ou 5 ans, elle mettra au monde environ 500 000 abeilles.

De même, le rythme de croissance des larves est vertigineux. Elles multiplient leur poids par 1500 en 6 jours. A titre de comparaison, chez l’homme, cette croissance se limite entre 15 et 25 fois en 20 ans.

En saison, dans une colonie, la reine pond environ 1 000 œufs par jour et, dans le même temps, 1000 abeilles meurent de manière naturelle ou à cause de la prédation. La population de la ruche reste donc stable pendant cette période.

Les ouvrières butineuses

A l’âge adulte, une butineuse pèse en moyenne 80 mg. Cependant, elle peut porter jusqu’à 70 mg, quasiment son poids. Sa vitesse de vol est de l’ordre de 27 km/h et ses ailes effectuent 75 à 150 battements par seconde. Lors de ses sorties de la ruche, en 15 à 30 minutes, une butineuse visite 20 à 300 fleurs et parcourt 1 km environ. Elle récolte ainsi 40 mg de nectar ou 15 mg de pollen à chacun de ses voyages. Par conséquent, elle parcourra  800 km dans sa vie (45 jours).

Une colonie compte en moyenne 10 000 à 15 000 butineuses qui sortent quotidiennement. Chacune effectue 10 à 30 sorties par jour. Au total, ce sont 100 000 km parcourus pour butiner 2 à 30 millions de fleurs. Ainsi, tous les jours, les butineuses récoltent 4 kg de nectar qui serviront à produire au final 1 kg de miel en moyenne. Cette récolte s’étend sur une surface de 40 km2 environ.


Sources : article de Dominique Clarté paru dans la lettre d’information du GPGR et P. Jean-Prost  auteur du livre “Apiculture, connaître l’abeille, conduire son rucher”.

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